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Blog médical et geek de médecine générale :
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lundi 25 mai 2026

Dragi Webdo n°528 : SOPM (ex-SOPK), PSA/mortalité globale,vitamine D/fractures, métamphétamines/mirtazapine, azithromycine/asthme, tirzépatide, traitements Alzheimer

Bonjour ! Depuis quelques temps, on voit fleurir des "essais émulés", c'est à dire des études de cohortes dans lesquelles sont appariés les patients puis analysés avec les données de suivi comme s'il s'agissait d'un essai clinique. Les auteurs ont comparé les résultats de ces essais émulés avec ceux d'essais randomisés et trouvent une corrélation modérée (r = 0,59). Certains critères de jugement étaient surestimés et d'autres sous estimés. Bref, cela ne remplace vraiment pas un essai randomisé. Bonne lecture !


 1/ Gynécologie

Le syndrome des ovaires polykystique (SOPK) change de nom pour devenir le syndrome ovarien polyendocrinien métabolique, ce qui donnerai SOPM (pour Polyendocrine metabolic ovarian syndrome ou PMOS en anglais). L'objectif est de rendre compte du retentissement métabolique (HTA, dyslipidémie, MASLD...), psychologique (dépression, anxiété...), dermatologique (hirsutisme, acné...) et gynécologique (infertilité, troubles de l'ovulation...). Le diagnostic repose toujours sur la présence de 2 critères (obligatoirement les 2 premiers avant 18 ans) qui restent les mêmes: (1) oligo-anovulation, (2) hyperandrogénie clinique ou biochimique, et (3) ovaires polykystiques à l'échographie ou taux élevé d'AMH.

 

2/ Pédiatrie

Voici un essai randomisé qui a inclus des enfants de 18 mois à 5 ans, consultant aux urgences pour un épisode de wheezing, et donc pour crise d'asthme. Les enfants avaient soit de l'azithromycine soit un placebo pendant 5 jours et H. influenzae, M. catarrhalis, and S. pneumoniae étaient recherchées sur prélèvement nasal. Il y a eu 2/3 des patients avec une de ces bactéries retrouvée (et également un virus mis en évidence dans 85% des cas). Au total, que ce soit chez les patients avec une bactérie retrouvée ou non, l’azithromycine ne réduisait pas la sévérité de la crise, ni les durées de séjour.

 

3/ Oncologie

On avait vu l'erreur de conclure sur le bénéfice de mortalité globale dans une revue systématique sur les anti-cholinesthérasiques dans la maladie d'Alzheimer. Voici maintenant un article de la Cochrane trouvant que le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA réduit non seulement la mortalité spécifique (RR =0,91 [0,85-0,99], ça on savait, mais aussi la mortalité globale (RR=0.99 [0,97- 1.00])! Mais ici, on parle d'essais randomisés confirmatoires, donc si l'intervalle de confiance contient 1, l'interprétation des hypothèses de Neyman et Pearson utilisées dans les essais randomisés, fait que le résultat n'est pas significatif même si c'est "proche". L’interprétation est binaire. Donc il n'y a pas de réduction de mortalité. De plus, on avait vu ce biais méthodologique avec la vitamine d, aucun des 4 essais randomisés n'a réduit la mortalité globale, donc conclure sur une réduction de la mortalité globale est très litigieux. Pour réaliser une revue systématique, il faut qu'il y ait un doute mais là, toutes les études concordent. Enfin, vu le nombre de biais décrits dans les tableaux, le niveau de confiance dans ces résultats est très faible. Comme il ne fait pas de doute que certains jugeront quand même cette étude positive, regardons les chiffres absolus. Il faudrait dépister 1000 patients pendant 23 ans (23 000 patients par an) pour éviter 1 mort par cancer de prostate, et 200 pendant 23 ans (soit 4600 par an pour éviter un décès). Et tous les 1000 patients dépistés, il y a: 9 cancer surdiagnostiqué, 25 biopsies inutiles, 1 patient hospitalisé pour sepsis post biopsie, 3 patients devenus incontinents et 25 avec dysfonction érectile (cf ici et )

 

4/ Neurologie

Voici à nouveau une revue systématique de la Cochrane, abordant l'efficacité des anticorps-monoclonaux chez les patients avec troubles cognitifs léger ou maladie d'Alzheimer débutante. Là, c'est plus simple à analyser, les résultats sont clairement non significatif avec une diminution de l'ADAS-Cog de 0.85 [0,46;1,23] soit un effet "trivial ou nul". En parallèle, le risque d'effet indésirable type ARIA-E (anomalies amyloïdes de type oedème) symptomatiques était évalué avec un NNH de 35 patients sur 18 mois! C'est concordant avec ce qu'on avait déjà vu ici et avec l'avis du CNGE .

 

5/ Rhumatologie

Revenons une fois de plus sur la vitamine D et le risque de fractures (après en avoir déjà parlé ici, , ou encore ici pour vitamine D+ calcium). Voici une revue systématique du BMJ ayant inclus 69 essais et 150 000 patients pour comparer la supplémentation en vitamine D, en calcium ou en vitamine D+calcium sur le risque de fractures. La supplémentation en calcium ou en vitamine D ne réduisait pas le risque de fractures (toute fracture), mais la combinaison des 2 réduisait ce risque légèrement (OR= 0,91[0,84-0,99]), notamment grâce à un léger bénéfice sur les fractures du col du fémur. Cependant, même dans ces cas là, le bénéfice statistique n'atteignait pas le seuil de pertinence clinique. Les analyses n'ont pas déterminé de sous groupes pour lesquels il y aurait un bénéfice (et rappelons les risques de supplémentation en calcium ici)

 

6/ Addictologie

Chez des patients avec dépendances aux métamphétamines (consommation initiale de 25 jours par mois), cet essai randomisé a montré que la mirtazapine 30mg/j pendant 12 semaines, réduisait davantage la consommation que le placebo (7 jours de moins avec mirtazapine versus 5 jours de moins avec placebo). Comme attendu sous mirtazapine, les principaux effets indésirables étaient une somnolence et une prise de poids, sans augmentation significative des effets indésirables graves. La diminution n'est pas énorme, mais ça peut être un premier pas vers le traitement.

 

7/ Diabétologie

On avait parlé de SURPASS-CVOT qui comparait tirzépatide et dulaglutide, montrant l'équivalence des 2 traitements sur des critères cardiovasculaires chez les patients diabétiques. Cette analyse ancillaire préspécifiée a étudié la différence d'efficacité entre ces traitements sur des critères néphrologiques. Le tirzépatide réduisait davantage le critère composite néphrologique (NNT= 63 patients à 4 ans), porté essentiellement par la persistance de la microalbuminurie et une moindre baisse du DFG chez les patients à haut risque de néphropathie (-1,7ml/min/an vs -2,7ml/min/an. Il n'y avait pas de différence sur les insuffisances rénales terminales.

 

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lundi 18 mai 2026

Dragi Webdo n°527 : santé planétaire, digoxine/insuffisance cardiaque, FEV1Q, sigmoïdoscopie/CCR, SLA, trouble anxieux, orforglipron

Bonjour ! Pour commencer ce billet, parlons de santé planétaire avec un article d'Annals of internal medicine. Sur 4 situations présentées, 3 concernent les soins primaires : la réduction d'utilisation des aérosols-doseurs de salbutamol, l'utilisation de masque chez les personnes asymptomatique et la réduction de consommation de viande. Dans les 3 cas, les auteurs iraient dans le sens d'une recommandation faible en faveur de ces changements de comportement. La place du généraliste dans le système de soins et comme acteur de santé planétaire sera discuté dans la session "controverses: médecin généraliste : médecin de l’individu ou médecin de la communauté ?", le jeudi 2 Juillet à la #Wonca2026. Si ce n'est pas encore fait, inscrivez-vous

 

 

 

1/ Cardiologie

On avait vu récemment que les digitaliques réduisaient possiblement les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, donc une revue systématique a été conduite et publiée dans le JAMA. Elle repose sur 1 étude de 6800 patients datant de 1997, et 2 études de 1000 patients de 2025 et 2026 ayant surtout inclus des patients avec FEVG altérée. Les auteurs que la digoxine réduit la survenue de décompensation cardiaque (26% vs 33%, NNT= 15 patients) mais ne réduit ni la mortalité cardiovasculaire ni la mortalité globale. Ce n'est donc pas un traitement incontournable, mais qui pourrait réduire les poussées chez certains patients.

Cependant, d'après l'essai randomisé suivant, qui est en fait la suite d'un des essais mentionnés dans le paragraphe précédent, les chercheurs ont déprescrit, en aveugle la digoxine à une partie des patients. Les patients avec un arrêt de dignoxine ont eu une augmentation des événements cardiovasculaire et décompensations cardiaques qui ont été 7 fois plus nombreuses que dans le groupe placebo. Cela s'est accompagné d'augmentation de FC, d'hypotension et d'augmentation du NTproBNP. Bref, si on est amené a mettre la digoxine, il est probable qu'il ne faille pas la retirer ensuite.

 

2/ Pneumologie

Le VEMS/CV est le standard diagnostic dans les troubles ventilatoires obstructifs, avec un seuil < 0,70 même si la société européenne pousse plutôt pour un seuil à 0,75 (cf ici). Mais les normes de ce rapport dépendent de l'âge, du poids, de la taille mais aussi de l’ethnie, ce qui le rend difficilement interprétable pour les populations moins étudiées. Des auteurs proposent donc le FEV1Q, ou quotient du VEMS correspond au VEMS divisé par 400mL pour les femmes et 500mL pour les hommes (qui correspond au 1er percentile des VEMS, soit le minimum vital). Ainsi ce FEV1Q, apparaissait comme un bon marqueur de BPCO, non modifié par l’ethnie, avec une valeur diagnostique similaire à celle du VEMS/CV. A suivre.

 

3/ Oncologie

On parlait il y a peu de la réduction de mortalité globale à 15 ans grâce au dépistage par sigmoïdoscopie. Voici un essai randomisé, sigmoïdoscopie versus pas de dépistage avec un recul de 23 ans mené chez 100000 patients norvégiens de 50 à 64 ans à l'inclusion. Le taux de cancer était de 4,3% dans le groupe dépisté versus 6% chez les non dépistés. La mortalité par cancer était significativement réduite chez les hommes (1,4% vs 2,2%) mais pas chez les femmes (1,3% vs 1,4%). L'ajout du FIT en complément ne modifiait pas les résultats. On pourrait se poser la question de modalités de dépistage différentes chez les hommes et les femmes.

 

4/ Neurologie

Faisons un point sur la sclérose latérale amyotrophique, qui atteint environ 5 personnes pour 100000. Les symptômes sont typiquement unilatéraux, léger au début et se majorant à type de faiblesse d'un membre, atrophie, fasciculations et hyperréflexie. Un bilan biologique (NFS, CRP, iono, calcémie, TSH, AAN, facteur rhumatoïde, vitamines B12, syphilis, VIH, Lyme, EPP, bilan hépatique, CPK, ,anticorps anti GM-1 anti MuSK, anti récepteurs de l'acétylcholine) et une IRM excluront les diagnostics différentiels, et l'EMG posera le diagnostic. 15% des cas sont familiaux, il y a 60 gènes impliqués et la transmission est essentiellement autosomique dominante. Les nouveaux traitements ralentissent la maladie de quelques mois, la survie étant estimée à environ 5 ans, mais les traitements sont essentiellement symptomatiques (notamment baclofène, gabapentinoïdes pour la spasticité et IRS pour la dépression)

 

 5/ Psychiatrie

 Enfin, voici une revue les troubles anxieux en soins primaires qui concerneraient 19,5% des patients. Il s'agit notamment de trouble anxieux généralisé, d'anxiété sociale, de trouble panique, d'agoraphobie et de phobies spécifiques. Les recommandations de l'USPSTF sont en faveur d'un dépistage par le Generalized Anxiety Disorder-2 orientant vers un trouble anxieux si ≥ 3, puis vers le Generalized Anxiety Disorder-7 qui est bien évalué en soins primaires. Un dosage de TSH est indiqué ainsi qu'une recherche de toxiques si approprié. Il est recommandé de faire une éducation du patient à sa maladie, de renforcer son auto-prise en charge et de communiquer des ressources qu'il pourra utiliser (techniques d'auto-gestion, méditation pleine conscience, relaxation ont démontré un bénéfice). Le traitement le plus efficace est la TCC dont 10-16 séances de 50minutes ont démontré un bénéfice durable, tout comme des sessions de TCC brèves de 30min, 6 à 8 fois. Sur le plan pharmacologique, les IRS/IRSNA sont décrits comme les traitements de 1ère ligne (paroxétine, sertraline, fluoxétine, es/citalopram, duloxetine, venlafaxine) avec un début d'efficacité après 2 semaines croissant jusqu'à 3 mois (avec une réponse à 4 semaine qui est prédictive de l'efficacité de la molécule). La buspirone et la mirtazapine sont les traitements de 2eme ligne ou pour les situations où les IRS ne seraient pas souhaitables. Enfin,  le propranolol 10-60mg à prendre 30-60min avant une exposition anxieuse pour la performance, l'hydroxyzine si besoin sont les traitements complémentaires et les benzodiazépines et la prégabaline sont des options de dernier recours. Les auteurs recommandent un avis spécialisé après échec de 2 traitements. 

 

6/ Endocrinologie

On a déjà parlé des reprises de poids après arrêt des aGLP1 injectables (ici) et de l'orforglipron, nouvel aGLP1 oral, . Ce qui est donc proposé dans cet essai publié dans Nature medicine, a inclus les patients de l'étude SURMOUNT5 qu'ils aient reçu du tirzepatide ou du semaglutide,, et les a traité par orforglipron. A 6 mois, le poids restait stable quel que soit le traitement injectable antérieur. Cela semble permettre d'atteindre des baisses de poids stabilités à -15% environ alors que les baisses avec orforglipron sont de l'ordre de -10%.

 

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lundi 11 mai 2026

Dragi Webdo n°526 : Calendrier vaccinal 2026, Hantavirus, douleurs pelviennes de grossesse, rupture LCA, coloscopie de dépistage, allergie cacahuète, cibles d'ApoB, migraines, triptans/COP, agonistes dopaminergiques

Bonjour ! Voici pour commencer un article du JAMA qui aborde les IRM généralisées de dépistage! Les auteurs rappellent fortement que, bien qu'attrayante, l'idée de tout dépister ne se conclue souvent pas par un bénéfice, mais par des examens inutiles, des surdiagnostics, de l'anxiété, pour un bénéfice clairement non démontré. Bonne lecture !

 

1/ Pharmacovigilance

On avait déjà vu l'augmentation du risque cardiovasculaire en cas de migraines ici. Voici une étude évaluant le risque d'AVC qui pourrait être lié à l'association triptans plus contraception oestroprogestative. Dans cette cohorte où 1 million de femme avait une COP, 10% avaient également des triptans et la prise de triptans multipliait le risque d'AVC par 1,6 (soit une augmentation de 2 à 42 patientes pour 10000 par an). On note aussi que par rapport aux non utilisateurs, COP+triptans augmentait le risque d'AVC de 160%!  La population incluait des femmes de 18 à 49 ans, rappelons, que selon la HAS, l'âge > 35 ans + des migraines sans aura contre-indique les COP, ce qui permettra de limiter le risque si on suit la recommandation.

 L'ANSM émet une alerte rappelant les risques des agonistes dopaminergiques utilisés dans Parkinson, les syndromes des jambes sans repos ou les adénomes à prolactine. Les principaux risques sont les addictions aux jeux, comportements compulsifs, l'hypersexualité et les comportements agressifs.

 

2/ Cardiologie

Alors que les premières études évaluant vraiment les cibles de LDL sont à peine publiées, vous êtes déjà lassé des seuils de LDL? Qu'à cela ne tienne, les cardiologues vous montrent maintenant qu'avoir des cibles de d'Apolipoprotéine B (voire de non-HDL cholestérol) est plus coût-efficace qu'avoir des cibles de LDL ! Bon, on a encore moins d'essai randomisé avec des cibles d'ApoB... mais c'est vrai que l'ApoB coûte moins de 2€ à doser contre 4€ pour une EAL permettant d'avoir le LDL (et le LDL dosé est à 5€ environ également). Faut il pour autant utiliser un marqueur moins cher mais non évalué en cible thérapeutique? Il serait d'abord préférable de développer les essais randomisés avec des cibles d'ApoB.

 

3/ Infectiologie

Abordons les Hantavirus qui peuvent donner 2 maladies distinctes: les fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (HFRS)  et les syndromes cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS). Le 1er survient classiquement en Corée, Chine, Russie et a une mortalité de 1% (jusqu'à 15% chez les plus de 70 ans) . Le 2ème survient en Amérique du Nord et Amérique latine, avec une mortalité de 50% des cas (c'est celui qui est actuellement sur le MV Hondius). Bien que la transmission soit médiée par les déjections des rongeurs, la transmission se fait souvent par inhalation du virus aéroporté et une transmission inter-humaine pourrait être possible. Les symptômes sont ceux d'une virose (fièvre, céphalées, troubles digestifs, dorsalgies), auquel s'ajoute une dyspnée progressant rapidement vers l'insuffisance respiratoire dans le HCPS. Il n'y a pas de traitement spécifique. Malgré l'incubation longue, le risque en termes de santé publique est considéré comme faible.

 

Le Calendrier vaccinal 2026 a été publié! Voici les principaux points de ce calendrier: 

  • l'extension des rappels Gardasil9 jusqu'à 26 ans quel que soit le genre. 
  • l'obligation vaccinale contre les méningocoques ACWY et B en vigueur pour les enfants nés après le 01/01/2023 avec rattrapage obligatoire de vaccination entre 2 et 4 ans pour ceux ayant eu simplement un méningo C  
  • pour le pneumocoque, chez l'enfant : Prevenar 13 (VPC13) ou Vaxneuvance (VPC15), et chez l'adulte Prevenar 20 (VPC20) ou Capvaxive (VPC21)
  • pour le VRS: Abrysvo pendant la grossesse ou Beyfortus chez le nourrisson. Chez le plus de 65 ans avec facteurs de risque ou plus de 75 ans: Abrysvo, Arexvy ou mResvia, sans prise en charge par la sécurité sociale
  • obligation d'immunisation contre la rougeole pour les professionnels sanitaire, médico-sociaux et de la petite enfance.

 


4/ Oncologie

Alors que le dépistage par sigmoïdoscopie est le seul dépistage du CCR réduisant la mortalité (cf ici), et que le dépistage par coloscopie n'est pas utile après 70 ans (cf ), voici un essai randomisé de 80 000 patients ayant eu soit coloscopie, soit pas de dépistage, dont nous avions déjà eu le suivi à 10 ans. Les données à 13 ans de suivi sont donc publiées et montrent une réduction du risque de cancer de 19% (NND= 300), sans différence de mortalité entre les 2 groupes (environ 0,45%). Les auteurs précisent que le taux de mortalité était 2 fois plus faible qu'attendu dans le groupe non dépisté, probablement grâce aux progrès des traitements.

 

5/ Grossesse

Le BMJ s'est intéressé aux douleurs pelviennes de la grossesse, qui sont fréquentes et à évoquer devant des lombalgies, douleurs sacro-iliaques et de symphyse pubienne. Il n'y a pas de troubles neurologiques associés (red flag), pas de symptômes urinaires ou de pertes vaginales (diagnostics différentiels à chercher). Il existe 3 tests de provocation : la palpation de la symphyse pubienne, l'élévation de la jambe facilitée par la stabilisation de l'épine iliaque supérieure et la manoeuvre de Trendelenburg modifiée caractérisée par l’impossibilité de maintenir le bassin horizontal lors de l'élévation de la jambe. Le traitement est symptomatique, avec du paracétamol et la kinésithérapie peuvent être proposées et on peut rassurer la patiente (évolution généralement favorable après accouchement)

  

 

6/ Allergologie

Abordons l'allergie à la cacahuète, qui est présente chez 2% des patients, et cause principale de mortalité par anaphylaxie (mais ce risque n'est que de 1 sur 10 millions). C'est une anaphylaxie, avec des symptômes survenant dans les 2heures suivant le contact, on retrouve prick test positifs et des IgE spécifiques (pour les 2: Se: 90% et Sp: 50-60%). En termes de prévention, il faut introduire les fruits à coque avant 6 mois et un essai randomisé chez des enfants de moins de 12 mois avec eczéma sévère a montré que donner 6g de protéines de cacahuète jusqu'à 5 ans, réduisait le risque d'allergie à la cacahuète avec un NNT de 9 (1,9% vs 13,7%). L'immunothérapie orale permet d'atteindre 80% de désensibilisation mais est associé à 14% d'anaphylaxie.... Bref, le traitement principal reste l'adrénaline IM, répétée toutes les 5-15min si persistance.

 

7/ Rhumatologie

Cet article du JAMA parle des ruptures du LCA. Cette revue narrative parle d'une revue systématique de 2022 comparant la chirurgie à l'absence de chirurgie:  il n'y avait pas de différence fonctionnelle, de qualité de vie, de retour à l'activité physique ou d'arthrose à 10 ans, sachant qu'à 2 ans 50% des patients du groupe fonctionnel n'avaient toujours pas eu de chirurgie (mais on conclue donc que 50% avaient eu une chirurgie). Chez des patients avec une instabilité, la chirurgie améliorait la fonction par rapport à de la kiné, mais cette différence n'était pas cliniquement pertinente à 18 mois. A noter que les enfants/adolescents et les adultes avec lésions sévères ou associés à une méniscopathie était souvent exclus car opérés. Au total, les auteurs plaident pour une rééducation première et de discuter secondairement l'opération selon la stabilité et la gêne à reprise d'activité physique.

 

8/ Neurologie

Cette revue systématique d'Annals of internal medicine compare les nouveaux traitements prophylactiques des migraines chroniques. Les auteurs trouvent que les gépants (ou CGRP antagonistes pour antagonistes du  récepteur du calcitonin gene–related peptide) sont efficaces notamment  l'eptinezumab, l'atogepant, l'erenumab et le galcanezumab qui réduisent le nombre de jours de migraines mensuel par 2 (on avait vu ici que c'était pas si fou en valeurs absolues pour l'urogepan et l'erenumab). Mais les patients inclus étaient souvent résistants aux autres traitements. Enfin, les données concernant le topiramate et le propranolol reposent sur des études à risque de biais.


 

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dimanche 3 mai 2026

Dragi Webdo n°525 : FemBloc (ANSM), benzodiazépines/grossesse, aGLP1/trouble d'usage de l'alcool, endobrachyoesophage, dépistage CCR, déterminants sociaux

 Bonjour ! Il n'y a pas eu de grandes nouveautés cette semaine alors ça sera rapide. Bonne lecture !

 

 1/ Pharmacovigilance

L'ANSM suspend le dispositif FemBloc de contraception définitive, qui a jugé que pour le moment ce dispositif n'a pas démontré de données d'efficacité et de sécurité suffisante à moyen et long terme. Visiblement, seules 4 femmes l'ont en France mais il reste disponible en Espagne par exemple, où une étude post-commercialisation est en cours. Si on peut éviter d'en arriver aux problématiques qu'il y a eu avec Essure...

Une étude de cohorte rétrospective coréenne publiée dans le BMJ, incluant près de 4 millions d'enfant donc 100 000 exposés à des benzodiazépines et Z-drugs pendant la grossesse n'a pas mis en évidence de troubles psychiatriques chez les enfants pendant le suivi médian de 6 ans et demi. Cependant, les OR étant proches de la significativité pour les usages de plus de 30 jours, un risque ne peut être exclus.

 

2/ Cardiovasculaire

Voici un essai randomisé en cluster d'Annals of family medicine, ayant comparé les soins courants, à l'utilisation d'un logiciel avec des aides à la décision intégrant des déterminants sociaux. Dans les cabinets de MG avec les logiciels donnant des alertes sur les déterminants sociaux, le contrôle tensionnel des patients était meilleur. Il n'y avait pas de différences sur l'HbA1C. Toutefois, cette étude est en faveur de l'importance de la prise en charge sociale des patients en médecine générale. C'est d'ailleurs au programme de 2 workshops de la #WONCA2026 : "Social Determinants of Health in Primary Care: What Can GPs Actually Do?" et "Social Prescribing: From Theory to Real Life" . 

 

3/ Oncologie

On avait eu cet essai randomisé améliorant le dépistage du CCR grâce aux listes de patientèles en France. Voici un essai randomisé comparant l'envoi d'un test immunologique fécal (+ des 2 messages de rappel) à l'envoie d'un test fécal avec recherche d'ADN multi-site (FIT-DNA) associé à des rappels téléphoniques, par message et par mail "compris dans le kit du fabricant". Après 3 et 6 mois, il y a eu 23% et 27% de participation dans le groupe FIT, et 28% et 32% dans le groupe FIT-DNA, mais cette différence peut être uniquement liée aux messages plus intensifs reçus... Il n'y avait pas de différence dans le taux de positivité d'environ 7% dans les 2 groupes , et il en était de même pour les réalisations de coloscopie (31% vs 39%, NS)


3/ Gastro-entérologie

Un article du NEJM aborde l'endobrachyoesophage ou oesophage de Barrett, présent chez 3 à 14% des patients avec RGO et qui augmente le risque d'adénocarcinome de l'oesophage. Les facteurs de risque sont d'être "caucasien", homme, avoir plus de 50 ans, le tabac, l'obésité et les antécédents familiaux d'EBO. Le diagnostic est fait sur la fibroscopie, généralement proposée devant des symptômes de RGO après 50 ans persistant plus de 6 mois malgré un traitement efficace. La surveillance passe par un contrôle à 3 ans si la zone fait plus de 3cm, 5 ans si moins de 3 cm, et aucun si moins de 1cm car la définition d'EBO c'est à partir de 1 cm. 

 

4/ Addictologie

Suite à l'essai montrant une association entre réduction des addictions et analogues du GLP1, voici un essai randomisé du Lancet comparant le semaglutide au placebo chez des patients avec trouble de l'usage de l'alcool et obésité. Après 6 mois, le nombre de jours avec consommation importante (> 60g pour les hommes et 50g pour les femmes) sur les 30 derniers jours a été réduit de 41% avec aGLP1 (soit - 7jours) et de 26% avec placebo (soit - 4,5 jours). Il y avait également moins de consommation les jours de prise d'alcool et moins de craving. A suivre, notamment sur l'évolution après arrêt du traitement.

 

C'est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur FacebookTwitter, Bluesky, LinkedIn et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)

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dimanche 26 avril 2026

Dragi Webdo n°524 : vaccination, scoliose, VPPB, toux chronique, infections urinaires, lombalgie chronique, cagrilintide/obésité, nirmatrelvir/Covid, cible HTA, dépistage Alzheimer

Bonjour, merci à toutes et tous pour votre fidélité de lecture du "Dragi Webdo" qui va entrer le mois prochain dans sa 12ème année! Le timing fait qu'il faut parfois aller un peu vite pour pouvoir continuer à publier hebdomadairement les billets, il y a quelques coquilles qui peuvent survenir, alors merci pour vos relectures et commentaires qui permettent d'effectuer les corrections au plus vite. 

Et maintenant, voici les actualités de la semaine !

 

1/ Interventions non pharmacologiques

 Le BMJ s'est intéressé aux interventions permettant d'améliorer la vaccination des patients. Pour les enfants, la prise en charge financière et les aides à la décision étaient les méthodes les plus efficaces. Chez les adolescents, c'est une information délivrée par un membre de la communauté qui est le plus efficace et les aides à la décision ont un effet négatif. Enfin, chez l'adulte, les interactions humaines, l'entretien motivationnel, la prise en charge des coûts, augmenter les opportunités de vaccinations et donner des RDV dédiés étaient les méthodes efficaces, mais l'efficacité était de moindre ampleur que pour les enfants et adolescents.

 Cet article d'Annals of internal medicine a étudié les interventions non pharmacologiques dans la lombalgie chronique dans une essai randomisé dit "SMART", c'est à dire Sequential, Multiple-Assignment, Randomized Trial. En gros, c'est un essai randomisé dans lequel l'intervention est adaptée par des randomisations successives en cas de non-réponse par exemple dans chacun des bras. Ainsi, les patients ont eu d'abord 8 semaines de kiné ou de TCC. Bien que la kiné soit plus efficace sur le score fonctionnel, le seuil de pertinence clinique n'était pas atteint, et il n'y avait pas de différence sur l'échelle de douleur. Les non-répondeurs étaient ensuite randomisés pour l’autre traitement ou de la thérapie pleine conscience, et il n'y a pas eu de différence entre les différents traitements.

Comme de nombreux médecins et chercheurs, vous vous intéressez de plus en plus aux interventions non pharmacologiques ? Il y a une plénière dédiée à la #Wonca2026 (liens vers les inscriptions sur la droite)!!

 

2/ Cardiovasculaire

Le Lancet avait publié une revue systématique incluant les études ACCORD BP, SPRINT, ESPRIT,
BPROAD, STEP, et CRHCP pour étudier le bénéfice net d'une cible tensionnelle < 120 mmHg ou < 130mmHg par rapport à une cible standard. Les auteurs confirment que le traitement intensif réduit les évènements cardiovasculaires, avec un NNT de 58 patients (et même la mortalité cardiovasculaire, NNT = 217), mais la survenue d'un effet indésirable notable (hypotension, syncope, blessure sur chute, arythmie, angio-oedeme, insuffisance rénale) était également augmentée avec un NNH de 55 patients. Donc 1 événement évité pour 1 EI notable. Le bénéfice sur la mortalité est inconstamment retrouvé dans les autres études et on rappelle que les mesures de PA dans ces études étaient plus proches des auto-mesures que des mesures au cabinet, ce qui biaise les cibles tensionnelles qui correspondent à des mesures au cabinet (on avait parlé de tout ça ici). Bref, rien de très neuf, mais une meilleure mise en évidence des effets indésirables.

 

3/ Infectiologie

Le Lancet toujours, a publié un essai randomisé dans les cystites comparant 4 traitements: fosfomycine 3g dose unique, fosfomycine 3g en 2 prises espacées de 24h, pevmecilinam 3 jours et nitrofurantoïne 5 jours, et le critère de jugement était la résolution des symptômes à J7. Pour regarder un peu l'épidémiologie, 99% des BU étaient positives aux leucocytes, seulement 25% avaient des nitrites, et les ECBU sont revenus stériles ou contaminés dans 40% des cas !! Dans les ECBU positifs, l'E.Coli était majoritaire à 70%. L'efficacité a été de 74% pour la nitrofurantoïne, 70% pour le pevmecilinam, 67% pour la fosfomycine 2-doses, et 59% pour la fosfomycine monodose. Il y avait des effets indésirables chez 20% des patients environ dans chaque groupe. On peut alors se dire que la fosfomycine monodose est le pire traitement. Quand on regarde la résolution clinique à 14 et 28 jours, on voit en fait que le pevméciliniam, la fosfomycine 2-dose et la fosfomycine monodose ont une efficacité similaire. Seule la nitrofurantoïne reste plus efficace cliniquement à 28 jours, mais le taux d'éradication bactérienne à 14j et 28j est identique à celui de la fosfomycine monodose! Les auteurs concluent donc qu'il faut réévaluer le traitement de 1ère ligne de la cystite. Vu l'efficacité similaire à 14 jours, ce n'est pas certain... entre possible mauvaise observance (2cp x 3 par jour pendant 5 jours versus 1 sachet unique), les possibles contre-indications, et risques de nitrofurantoïnes notamment au long cours si IU répétées, c'est probablement plus raisonnable de maintenir la fosfomycine en 1ere ligne (à noter que le coût est similaire) . En pratique, on avait déjà eu ces résultats en 2018 ici, et vu que l'étude cout-efficacité était à réaliser dans chaque pays selon les résistances précises , .

 Après un essai randomisé en 2024 et une analyse de cohorte en 2025 (cf ici), voici une 3ème étude publiée dans le NEJM s'intéressant à l'efficacité du Nirmatrelvir-Ritonavir (Paxlovid*) chez des patients vaccinés non hospitalisés. Cet essai randomisé de 4000 patients recrutés entre 2021 et 2024 (3 doses de vaccin pour 97% des patients, et 60% avec comorbidité) trouve, comme les autres études, que le traitement ne réduit pas la mortalité ou les hospitalisations. Cependant, le taux de guérison médian était de 14 jours avec traitement versus 22 avec soins courants. Bref, au prix que le traitement coûte, on peut désormais l'oublier.


4/ Pédiatrie

Le BMJ aborde la scoliose structurale idiopathique chez l'adolescent. La définition est une torsion avec rotation de la colone, avec un angle de Cobb > 10°. Le dépistage est clinique, confirmé radiologiquement. Le traitement repose sur de l'observation simple en cas de risque faible ou modéré d’aggravation. Les corsets sont indiqués pour des angles de 25° à 40° avec un Risser entre 0 et 2. Au delà, une prise en charge chirurgicale peut être indiquée. La grande question dans ce contexte est: faut-il dépister? Les auteurs sont ouvertement pour une prise en charge précoce, mais ils rapportent les recos de l'USPSTF et celles du UK National Screening Committee qui ne recommandent pas de dépistage systématique chez l'enfant asymptomatique (alors que les recommandations de sociétés savantes spécialisées, possiblement moins objectives, prônent un dépistage des enfants asymptomatiques)

 

5/ Pneumologie

Cet article de l'ERJ aborde les toux chroniques réfractaires (TOCRI) et étudie l'efficacité des recommandations de prise en charge. Les auteurs retrouvent que les prises en charges permettent de réduire de 50% la fréquence de la toux mais que 71% des patients trouvent que leur toux est insuffisamment contrôlée. Les traitements proposés étaient les suivants (le seul truc qu'on ne regarde pas vraiment en MG, c'est les éosinophiles et les neutrophiles dans les crachats) :

 

6/ Neurologie

Si le dépistage des démences a peu d'intérêt pour réduire l'évolution de la maladie, peut être en a-t-il pour l'entourage. C'est ce qu'a évalué cet essai randomisé chez des patients de plus de 65 ans et leurs proches dans 29 centres de médecine générale. Sur 1800 dyades patient-proche, il y a eu 5% de patients avec troubles cognitifs dans le groupe dépisté, mais le dépistage n'a pas permis d'améliorer la qualité de vie de l'entourage.

 

7/ ORL

On a déjà parlé des VPPB et de la manœuvre de Semont+  à auto-réaliser par les patients. Cette revue narrative revient sur le diagnostic : des vertiges durant moins de 1minutes mais survenant de façon répété et déclenchés par la position. Le point important est l'absence de nystagmus au repos, car s'il est présent, c'est en faveur d'une névrite vestibulaire (ou d'une lésion cérébrale) car le nystagmus du VPPB est dynamique. Il est mis en évidence par la manœuvre de Dix-Hallpike déclenchant le nystagmus pendant 10-20 secondes. Les risques de faux négatifs sont: une manœuvre trop lente (= mettre plus de 2 secondes à allonger le patient) ou une extension inadéquate de la tête pendant la manœuvre. La manœuvre d'Epley, qui peut être faite par le patient lui-même, semble être la plus efficace avec 32-80% de résolution à 1 semaine (versus 4-24% avec procédure factice), et 88-98% à 1 mois (versus 24-77% avec procédure factice). En cas de vertiges réfractaires, un avis spécialisé est nécessaire.

 

8/ Endocrinologie

Pour finir, on avait déjà parlé de l'association cagrilintide-semaglutide versus placebo dans la perte de poids chez les patients obèses (ici). Voici l'essai randomisé cagrilintide-semaglutide versus semaglutide. Chez les patients asiatiques de cette étude, l'association a permis une perte de poids de 18% versus 11% avec la monothérapie. Les effets indésirables, notamment digestifs étaient similaires dans les 2 groupes (53% vs 51%).

 

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 A la semaine prochaine !

@Dr_Agibus