Il est l'heure de lire le Dragi Webdo de la semaine! Pas d'introduction particulière cette semaine, alors bonne lecture !
1/ Cardiovasculaire
Statines pour commencer ! Voici de nouvelles recommandations sur la prise en charge des dyslipidémies dans le contrôle du risque cardiovasculaire qui ont été émises par les vétérans américains. Ils proposent une stratégie en 2 temps, avec une évaluation du risque cardiovasculaire par le score PREVENT, puis si risque > 5% (intermédiaire ou élevé), de réaliser un score calcique (recommandation faible).
Tant qu'on est en prévention primaire, une statine d'intensité "au moins" modérée est recommandée si diabète, LDL >1,9g/L ou PREVENT > 10% avec un niveau de preuve élevé (seule reco forte de cette reco avec la réhabilitation cardiovasculaire post infarctus), et suggèrent également une statine si PREVENT entre 5 et 10%. L'indication de statine est maintenue tant que les transaminases sont < 3N.
Il est recommandé d'utiliser, en prévention secondaire, une statine d'intensité élevée ou une d'intensité modérée associée à l'ézétimibe ou à un anti-PCSK-9. Il est possible d'intensifier avec une statine d'intensité élevée associée à l'ézétimibe ou à un anti-PCSK-9 en cas de très haut risque (ce qui est normalement le cas si prévention secondaire...). Les auteurs ne peuvent se positionner sur une stratégie "cible < 0,7g/L" ou "statine à dose fixe" dans le cadre de la prévention secondaire. Enfin, en cas d'hypertriglycéridémie > 1,5g/L malgré une statine chez ces patients, l'icosapent-ethyl est proposé.
Les intolérances aux statines n'étant pas rares, les auteurs suggèrent une pause suivie d'une reprise de la statine, ou une prise non quotidienne est proposée. Enfin, le traitement repose aussi sur l'activité physique et le régime méditerranéen (niveau de preuve faible)
Le JAMA aborde l'hyperaldostéronisme primaire (On en avait parlé il y a quelques temps ici). Les auteurs parlent du débat entre ceux qui souhaiterai que tout patient hypertendu soit dépisté (les endocrinologues) et ceux qui ne recommandent la recherche d'hyperaldostéronisme que si risque élevé (les cardiologues) : HTA résistante, hypokaliémie spontanée ou sous diurétiques, incidentalome, HTA < 30 ans, FA ou SAOS. Le diagnostic repose sur une rénine basse ≤8.2 mU/L, une aldostérone élevée ≥7.5 ng/dL et un rapport aldostérone/rénine >70. Le dosage doit être réalisé après correction de l'hypokaliémie, et idéalement avec calcique bradycardisant (diltiazem, verapamil) ou alphabloquants (doxazosine, prazosine) après arrêt des autres traitements depuis 2-4 semaines. Les traitements seront à décider ensuite entre la spironolactone ou un traitement chirurgical.
L'étude CREST-2 qui montrait un moindre risque d'AVC après traitement chirurgical de sténose carotidiennes asymptomatiques sévères par rapport au traitement médical intensif. Cette analyse ancillaire a étudié l'évolution cognitive entre les 2 groupes. A 1 an, il n'y avait pas de différence de fonctions cognitives, donc pas d'amélioration en restaurant le flux.
2/ Néphrologie
On continue avec les recommandations du KDIGO sur la prise en charge de l'anémie dans la maladie rénale chronique. Chez les patients non dialysés avec maladie rénale chronique et anémie, les auteurs recommandent une supplémentation martiale orale ou IV, si ferritine < 100 et CST < 40% ou ferritine entre 100 et 300 et CST < 25% (c'est donc pas les mêmes normes que la société d'hématologie américaine). Si l'anémie persiste après toutes les autres cause, l'EPO est indiquée avec une cible de 11,5g/L d'hémoglobine.
3/ Infectiologie
Voici un article du BMJ sur les cellulites des membres (les dermohypodermites aigues bactériennes ou erysipèles). Le diagnostic est clinique ! J'ai toujours voulu faire une étude comparant la chaleur des membres, et il y en a 1 seule: 3,2°C de différence entre les 2 jambes aurait une VPP de 96%, mais les auteurs du BMJ disent que le niveau de preuve est insuffisant. Donc à refaire en France ! Les autres biomarqueurs inflammatoires sont également peu utiles. L'échographie POC permettrait surtout d'éliminer les diagnostics différentiels. Les drapeaux rouges pouvant conduire à réaliser un bilan sont : l'immunodépression, la fragilité, l'incertitude diagnostique, la non-amélioration à 48-72h, les symptômes généraux, la suspicion d'une zone de nécrose (jambe de bois, crépitations sous cutanées, hématomes/bulles/nécrose cutanée, hyperalgie). Le traitement comporte des pénicillines (légèrement plus efficace en IV que per os) pour une durée de 5 à 7 jours, mais la résolution cutanée prendra plus de temps. En cas de facteurs de risques locaux et de récidive, la prophylaxie peut se discuter par pénicilline V.
4/ Hématologie-oncologie
Etablir des seuils est un exercice difficile, entre sensibilité, spécificité, surdiagnostic et sous diagnostic. On avait vu ici la discordance OMS et société de gastro américaine qui fixaient des seuils différents de carence martiale, respectivement 15 et 45µg/L. La société américaine d'hématologie recommande désormais un seuil à 30µg/L (pour avoir une Se de 67% et une Sp de 97%), indépendamment de l'hémoglobinémie (mais considérer 50µg/L si symptômes évocateurs). Pour ne pas conclure à tort à l'absence de carence en cas d'inflammation chronique comme dans l'insuffisance cardiaque, la maladie rénale chronique, les maladies rhumatologiques, cancers etc..., les auteurs recommandent un dosage de la ferritinémie + du coefficient de saturation de la transférine (qui se mesure à jeun), et le diagnostic est suspecté si ferritinémie < 100 ou CST < 20%. Enfin, chez l'enfant, le seuil de ferritine suggéré est placé à 20µg/L. Toutes ces recos sont étiquetées de force modérée et de faible niveau de preuve.
5/ Gynécologie
Un commentaire publié dans le BMJ aborde le fait que désormais, le NICE britannique recommande l'ENDOTEST, test salivaire de dépistage de l'endométriose, en médecine générale pour les patientes avec suspicion d'endométriose, quand l'examen clinique et l'échographie ne sont pas contributifs. Ils reconnaissent quand même une grosse limite: il n'a été évalué et utilisé qu'en soins secondaires et tertiaires, pas en soins primaires...
Je vous remercie encore pour votre fidélité et je souhaite la bienvenue aux nouveaux lecture également! Mais, c'est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur Facebook, Twitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)
Une bonne semaine à toutes et tous!!










